Projet d’agglomération du Grand Genève
L'agglomération transfrontalière de Genève (600'000 habitants dans le noyau urbain, 1,5 million dans l’ensemble de la région) cherche à freiner la tendance à l’urbanisation non contrôlée et à établir un équilibre entre habitat et emploi ainsi qu'une haute qualité spatiale. La planification a débuté en 2007 dans le cadre des programmes d’agglomération suisses. L'objectif de ces programmes est de renforcer la compétitivité (internationale) des villes et agglomérations suisses tout en favorisant un développement urbain durable et qualitatif. Une donnée essentielle fut le retrait des pouvoirs publics et les ressources financières publiques limitées : il fallait donc des modèles de développement urbain durables, très efficaces et réalisables. La planification a commencé avec le premier programme d'agglomération « Franco-Valdo-Genevois », approfondi entre 2008 et 2011 par les études PACA (Périmètres d’aménagement coordonnés d’agglomération). Ce premier programme a été actualisé en 2012 et 2016 avec les 2e et 3e programmes d’agglomération sous le nom « Grand Genève ».
Polyvalence et contrastes comme qualité
L'agglomération de Genève s’étend sur deux pays, cinq régions (les cantons suisses de Genève et Vaud, et les départements français de la Haute-Savoie, de l’Ain et du Jura) et comprend 212 (!) communes indépendantes. Sa position stratégique historique, à la jonction de trois paysages (Jura, Alpes, vallée du Rhône), confère à la région une grande diversité. C’est aussi une région de contrastes, avec une dynamique économique et démographique très forte autour du lac Léman, et en même temps des zones structurellement faibles, marquées par une forte décroissance (arc jurassien, Bellegarde).
Systèmes intégrés d’urbanisme et de transport
Le premier programme d’agglomération a marqué le début d’une coopération régionale transfrontalière en aménagement du territoire. Il était important d’envisager toutes les sous-régions de manière équivalente. L’idée principale du concept est d’une part la concentration du développement dans le noyau de l’agglomération le long de six axes historiques d’entrée, appuyée par de nouvelles lignes performantes de transports publics (tram, Regiotram) en tant qu’épine dorsale, et une liaison optimale avec les six nouvelles gares CEVA (nouvelle ligne ferroviaire transfrontalière entre Genève et Annemasse). L’objectif principal était de réduire la dépendance à l’automobile et ainsi de privilégier des systèmes urbains et de transport compacts, énergétiquement efficaces et intégrés, tout en préservant le paysage généreux dans cet espace métropolitain dense. D’autre part, le concept soutient un développement qualitatif et une mise en réseau efficace des sous-régions périphériques. À cet effet, le réseau ferroviaire existant, partiellement abandonné, complété par certains axes historiques principaux avec des lignes de bus régionales rapides, joue un rôle structurant nouveau. La concentration des fréquences des transports publics est vue comme une opportunité et utilisée pour valoriser les localités. Une densification qualitative ciblée à proximité des petites gares ou dans les centres-villes tire parti de la bonne visibilité et des fréquences pour assurer l’approvisionnement local et les infrastructures sociales. Un nouveau cadre réglementaire d’aménagement régional et communal permet une densification qualitative du tissu urbain existant.
Effets locaux positifs des solutions régionales
Une particularité du concept d’agglomération réside dans les effets locaux positifs des solutions régionales. Les études PACA ont approfondi les six axes historiques d’entrée dans le noyau comme corridors de développement. Pour les zones périphériques, trois « Lignes directrices » ont créé des concepts cohérents intégrés dans le système régional global. Ces études PACA et « Lignes directrices » ont aussi constitué un processus de dialogue important impliquant acteurs communaux et régionaux, commissions spécialisées et politiques.
Acceptation et réalisabilité
Le premier programme d’agglomération « Franco-Valdo-Genevois » est considéré comme le programme initial le plus réussi en Suisse. La combinaison d’une vision intégrée pour l’avenir avec des mesures concrètes a été reconnue par la plus importante contribution financière proportionnelle de la Confédération. En 2010, le programme a aussi reçu le 8e Prix européen d’urbanisme. Ce prix a salué non seulement la planification exemplaire, tournée vers l’avenir et intégrée de l’urbanisme, de la mobilité et du paysage, mais aussi la démonstration que des stratégies régionales bien pensées peuvent répondre à des objectifs régionaux tout en contribuant à la valorisation locale et en s’appuyant sur des structures à petite échelle (sociales, spatiales) et identités existantes. Cela favorise une participation constructive et une large acceptation, ce qui est remarquable au vu de la complexité et des difficultés liées au développement d’une agglomération. Enfin, le succès de la planification se reflète dans la mise en œuvre rapide des mesures.
Projet de territoire Birsstadt